Le Christ est ressuscité ! en vérité, Il est ressuscité !
Tropaire de Pâques, ton 5
Le Christ est ressuscité des morts, par Sa mort Il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.
Au Vénérable Clergé, aux Moines aimants Dieu et aux Pieux Fidèles,
Enfants du diocèse de Grande-Bretagne et d’Europe occidentale
Chers Pères, Frères et Sœurs : Le Christ est ressuscité !
Que pouvons-nous dire en ce jour lumineux et salutaire, qui soit digne de la joie qui remplit nos cœurs, tandis que nous nous tenons devant le Seigneur ressuscité? Quelles paroles sauraient exprimer ce qui est aujourd’hui donné au monde? Quels chants pourraient égaler les hymnes angéliques qui retentissent des cieux à la victoire du Dieu Vivant sur la mort? En vérité, aucune parole humaine ne s’élève à la hauteur de ce mystère — sinon cette confession proclamée par sainte Marie Madeleine, que nous faisons nôtre: « Le Christ est ressuscité! En vérité, Il est ressuscité! »
Mais, bien-aimés, dans quel monde retentit cette proclamation de victoire? De nouveau, nous voyons autour de nous les troubles des guerres et les souffrances de l’effusion du sang, désormais étendues à de nombreux peuples et régions. Le monde demeure tendu et inquiet, face aux conflits en Terre Sainte et dans les contrées voisines — dans les antiques terres chrétiennes du Liban, de la Syrie et de tout le Moyen-Orient. Et les souffrances engendrées par la déchéance pécheresse de l’homme redeviennent le lot habituel de la vie: l’homme se dresse contre l’homme, et le frère dévore son frère. Que puis-je donc vous dire, troupeau bien-aimé du Christ, pour apaiser la douleur causée par ces réalités? Par quelles paroles alléger le poids des inquiétudes et des angoisses croissantes de la vie? Aucune consolation mondaine n’a de fondement durable. Aucune sagesse humaine ne peut accorder au cœur le véritable repos.
Réjouissons-nous donc: la réponse ne vient pas de l’homme, mais de Dieu Lui-même. Du tombeau vient cette réponse. En le laissant vide, le Christ a manifesté la fin ultime de toute puissance qui s’oppose à Son amour — jusqu’à la puissance même de la mort. En apparaissant vivant à Sa très pure Mère, Il a réduit à néant les menaces des princes de ce monde. En consolant les femmes myrophores dans le jardin, Il a déjà répondu aux peurs qui habitent le cœur de l’homme: peur de l’abandon, de l’injustice, de la haine et de la trahison. Dans ce même jardin, le Vivant a montré que toute ténèbre est vaincue par Sa vie. Et lorsqu’Il a fait toucher à l’apôtre Thomas les plaies de Ses mains très pures et la blessure de Son côté, Il a donné à chaque génération — y compris la nôtre, marquée par le doute et l’angoisse — le témoignage vivant que l’amour triomphe de la peur, et que le Royaume de Dieu est au-dessus de tout.
Bien-aimés, telle est la parole que Dieu Lui-même nous adresse aujourd’hui. Et nous sommes appelés, par grâce, à assumer la mission angélique et à l’annoncer au monde. Ne craignez pas de proclamer la joie au milieu de la tristesse. Ne diminuez pas la lumière de la Pâque au cœur des ténèbres du monde. Que votre voix soit plutôt l’écho de celle de l’ange, qui annonça aux femmes près du tombeau ces paroles qui ébranlent l’univers: « Il n’est pas ici — Il est ressuscité » (Mt 28, 6). Et comme ces femmes vinrent au tombeau en pleurant, mais s’en retournèrent remplies de paix et de joie, ainsi ce monde, si enclin aux larmes, sera lui aussi transformé par cette proclamation et racheté par le Christ ressuscité.
Que la grâce du Sauveur ressuscité, notre Seigneur Jésus-Christ, apporte la paix à vos cœurs; qu’elle vous affermisse dans la foi, vous établisse dans l’espérance et vous remplisse d’amour. Que cette paix demeure dans vos maisons, dans vos familles, parmi vos proches et dans le monde entier, qui est le Sien.
Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !
+ Irénée
Evêque de Londres et de l’Europe occidentale,
Église orthodoxe russe à l’étranger